17 mars 2007

Réaction à la publication du livre d'Eric Besson

Courrier adressé aux socialistes drômois et à la fédération - le 14 mars

Cher(e)s ami(e)s et camarades,

Depuis le début de "L'affaire E. Besson", (ça fait un peu "Affaire Tournesol", mais comme j'adore Tintin...), étant donnés le respect et l'amitié que je porte à Eric, j'ai toujours cherché à comprendre, j'ai placé l'homme blessé en tête de mes préoccupations, avant le Parti, et je lui ai manifesté du soutien. Le 5 mars à Livron, ses révélations ne m'ont pas donné toutes les clés attendues, pour comprendre et donc être soulagé, mais j'ai été ému par son discours et par ses larmes.

Aujourd'hui comme hier, n'ayant pas toutes les cartes en mains et ne me sentant pas le droit de m'ériger en donneur de leçons, je m'interdis de porter un jugement sur l'individu et sur les actes qu'il engage à titre personnel. Contrairement à ce qui se passe dans les entreprises, il n'y a hélas pas, pour les cadres d'un Parti, de clause de non concurrence ou de confidentialité lorsqu'on le quitte. Alors je ne dirai pas, au nom d'une morale dont je ne me sens pas dépositaire, que ce nouvel épisode, celui de la publication du bouquin, est inacceptable.

Pour autant, si comme on peut hélas le redouter, ce livre contribue à discréditer Ségolène Royal, sa personne et son pacte, je dis que nous ne devons pas l'accepter.

Nous ne devons pas l'accepter car ce n’est pas qu’une « n ième » péripétie de campagne. Publié à ce moment précis, avec sans doute un plan média conséquent, ce livre va clairement nuire à ce que nous essayons de bâtir depuis plusieurs années, localement et nationalement.

Nous ne devons pas l'accepter car Eric tire contre nous : même s'il dit soutenir Anne Marie, s'attaquer à notre candidate à

la Présidentielle

, à cette période de la campagne, c'est s'attaquer à l'ensemble du Parti, donc à ses militants de base.

Il est d'ailleurs très probable que lorsqu'il s'est adressé à nous à Livron, Eric savait que son bouquin allait sortir. Il nous a donc tenu un discours dans le registre de l'émotion, en sachant qu'il allait planter une nouvelle banderille. Il a préféré (cf le Dauphiné d’hier), réserver son annonce à

la Presse

et ne pas prévenir ses anciens supporters -celles et ceux qui ont battu la campagne en 1997 et 2002 pour diffuser ses tracts-, nous laissant par la même occasion, peu de temps pour organiser une défense.

Nous ne devons pas l'accepter car si Ségolène est une telle « erreur pour

la France

», un esprit aussi vif que celui d’Eric l’aurait décelé il y a longtemps. Il fallait dès lors nous éclairer durant le débat interne, (car que vaut le pacte de silence des Jospiniens face à une telle mission salvatrice ?), ou éventuellement un peu plus tard, après avoir fait l’expérience de l’équipe de campagne, mais dans tous les cas, pas à un mois du scrutin.

Enfin et surtout, nous ne devons pas l’accepter car notre silence va devenir éloquent.

Nous devons désavouer publiquement le livre d’Eric, et nous devons le faire collectivement. Ne rien dire, c’est quelque part le cautionner. Et surtout localement, puisqu’Eric (et son travail le justifie) bénéficie d’un très fort crédit, notre silence aide à ancrer dans l’opinion une idée pernicieuse : « Éric Besson est une victime de la candidate, de son équipe mais aussi d’un parti injuste. Il est donc fondé à tout déballer, et l’injustice qui lui est faite est aussi faite à ses électeurs. Cette vilenie condamne de fait la candidate mais aussi tout son parti. D’ailleurs, son ancien camp reste muet.»

Si l’on reste muet, donc, en lui laissant l’intégralité de l’espace médiatique local, on cautionne l’idée qu’il faut jeter l’eau du bain et le bébé avec. Or, nous sommes le bébé / le parti est le bébé.

Nous devons donc je crois, réagir en publiant un courrier, une prise de position, co-signée par le plus de militants possibles reconnaissant tous les mérites que l’on sait à Eric, mais désavouant sans ambiguïté la publication de son livre, et prouvant que la séquence dans laquelle elle s’inscrit, en discrédite de fait le propos.

Etonnamment peut-être, je crois que la parole des militants drômois, commune et publique, donc fortifiée et inattendue, aura plus de poids dans l’opinion que des déclarations de hauts responsables du Parti, hélas (souvent injustement) soupçonnés de langue de bois ou de calculs politiciens.

Car en ces temps où les figures d’autorité sont de plus en plus contestées par nos concitoyens, la parole de celles et ceux qui ont côtoyé et soutenu Eric, celles et ceux qui pour la plupart ne briguent pas de mandat, qui ont soutenu hier mais aujourd’hui dénoncent, cette parole là aura paradoxalement plus de crédit que celle de nos têtes d’affiches. Et bien que le mal soit difficile à enrayer, nous aurons pu à notre mesure, contribuer à défendre notre cause.

Alors aujourd’hui, j’aimerais que la fédération nous aide à orchestrer cette opération de relation presse et de riposte. A l’instar d’Eric qui avait acheté ¼ de page dans le Monde pour y publier une étonnante offre de service à 24 ans, alors qu’il venait de louper l’ENA, je crois que nous, militants de

la Drôme

, pourrions collectivement acheter un espace dans un ou des quotidiens nationaux (Libé, le Monde), et pour le moins dans notre quotidien régional le Dauphiné (et pour le sud dans

la Tribune

), pour y diffuser au moment de la sortie du bouquin, une lettre ouverte à Eric et signée par le plus grand nombre. Elle pourrait pourquoi pas s’appeler, en référence au titre du livre d’Eric et aux propos (reconnaissons-le maladroits) de Ségolène : « Peut-on vraiment connaître Eric Besson?»…

R

ecevez chers camarades, mes amitiés socialistes,

Olivier

Lê Van

Truoc

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